Zoom sur MuséeHome POTENTIEL

Dans le cadre de l’accompagnement de Potentiel Reims CA, nous vous proposons de faire connaissance du projet MUSÉEHOME. MUSÉEHOME, projet porté par Florian Corbier, un des deux lauréats rémois du Prix Pépite Tremplin 2015 et doctorant à l’URCA, et Vincent Vincent Montcourtois, diplômé d’un M2 Mécénat et Management des Institutions Culturelles (URCA). MUSÉEHOME est une agence de location d’œuvres d’art à domicile pour les particuliers et les professionnels. Son objectif : valoriser les artistes régionaux, en permettant au grand public d’accéder au marché de l’art et en renforçant la visibilité des acteurs de la création via cette nouvelle forme d’exposition. L’entreprise propose donc, aux particuliers et aux entreprises, l’opportunité d’acquérir un « musée à domicile » afin de sortir de l’uniformisation et de réintroduire la création régionale dans les intérieurs Potentiel : Créer une entreprise vous y songiez depuis longtemps ? Florian Corbier : La création d’entreprise n’était pas, à la base, dans mes objectifs. Ayant effectué un parcours universitaire Licence, Master, Doctorat, je me suis consacré entièrement à mes études ; toutefois j’avais déjà le projet de location d’œuvre d’art dans un coin de ma tête. P : Pourquoi ? FC : Il y a plusieurs raisons à cela. Je me posais beaucoup de questions quant à mon avenir professionnel, je savais que suite à ma thèse il y aurait peu ou pas de débouchés dans le secteur de l’art. De son côté, Vincent avait fait le constat qu’il avait peu de possibilités d’évolution dans l’entreprise pour laquelle il travaillait. Je lui ai fait part de mon idée de projet, il a trouvé l’idée géniale et nous nous sommes lancés. P : D’où vous vient l’idée de votre entreprise ? FC : Il y a 5 ou 6 ans, je regardais une émission sur Arte sur les créateurs d’art contemporain en région. Je me suis penché un peu plus sur le sujet et me suis aperçu que certains artistes locaux étaient exposés à New York ou au Canada et qu’ils étaient pratiquement inconnus chez nous. Partant de ce constat, je me suis dit qu’il fallait valoriser cela. Je me suis également rendu compte que l’on retrouvait chez les gens toujours les mêmes tableaux provenant de la grande distribution alors que certains auraient envie de voir une œuvre d’artiste dans leur salon. La location d’œuvre d’art représentait pour moi le meilleur moyen de proposer de l’art aux entreprises et particuliers. P : Le plus dur à trouver : l’idée ou le courage de passer à l’acte ? FC : Le courage de passer à l’acte ! Venant de l’Université de Lettres et Sciences Humaines, le monde de l’entreprise à une certaine connotation et le sujet est peu abordé. Dans ma tête c’était très complexe de gérer une entreprise et des personnes, beaucoup de responsabilités. Et puis nous nous sommes dit qu’il valait mieux créer quelque chose à nous. En passant la porte de l’incubateur Creativ’Labz, j’ai découvert un monde qui m’a accueilli, avoir rencontré d’autres personnes du monde économiques m’a beaucoup plu. P : Vos études vous ont-elles aidées ? FC : Pour la partie artistique évidemment, depuis ma licence, j’ai envie de travailler avec l’Art contemporain, c’est encore le cas avec ma thèse aujourd’hui, je suis également régisseur d’art. D’un autre côté, je n’ai eu aucune formation sur la création d’entreprise, le management, les différents modèles économiques. Aujourd’hui cela a changé avec la création du statut Etudiant Entrepreneur, l’Université a su répondre à une demande et à un besoin en formation entrepreneuriale des étudiants porteurs de projet.

Romain Coyard • Catégorie • Date
MuséeHome : l'art au bureau Article, Petites Affiches Matot-Braine, 7 novembre 2016, p. 6

L’art se démocratise en entreprisse grâce à MuséeHome, une jeune société créée en février 2016 par Florian Corbier. Doctorant en histoire de l'art et basé dans l'incubateur Créativ'- Labz de l'Université de Reims Champagne-Ardenne, l'entrepreneur a eu l'idée de proposer des œuvres d'artistes champardennais à la location : « J'ai déjà référencé dix artistes locaux afin de proposer un catalogue d'une centaine d'œuvres, essentiellement des peintures mais aussi des sculptures et des œuvres numériques. Entre une galerie et une agence artistique, MuséeHome joue un rôle d'intermédiaire entre eux et les clients ». Le système fonctionne par abonnement (à partir de 99€ par mois) et permet aux clients de s'initier à l'art, de découvrir des talents du territoire et d'apporter une plus-value à leurs locaux. La prestation est ouverte aux particuliers, mais c'est le marché des professionnels que Florian Corbier cible prioritairement. « Je voulais lutter contre le préjugé consistant à dire que l'art est parisien et cher. Ce n'est d'ailleurs pas anodin d'acheter de l'art, même quand on en a les moyens, nous sommes là pour accompagner et conseiller », précise le chef d'entreprise qui a embauché un étudiant de NEOMA en contrat de professionnalisation. Les œuvres peuvent valoir quelques milliers d'euros (en fonction de leur côte et de leur taille) à l'achat mais devenir accessibles à la location pour une entreprise « afin de décorer ses locaux et de contribuer au bien-être de salariés. Cela permet aussi de montrer du dynamisme et une certaine image à ses clients », ajoute-t-il. Sa société se chargeant de l'installation et de l'assurance des œuvres. L’intérêt réside aussi dans la possibilité de renouveler les œuvres tous les trois mois pour ne pas se lasser, même si, en cas de coup de cœur, la location peut se transformer en achat. Primée lors du Prix Pépite Tremplin 2015 et finaliste du concours docteurs-entrepreneurs 2016 au niveau national, MuséeHome a également obtenu une bourse French Tech de Bpifrance en juin dernier. Au-delà de la location, son modèle économique (avec un objectif d'une trentaine de clients la première année, dont la plupart louent plusieurs tableaux) est complété par différents services comme la possibilité de recevoir l'artiste en entreprise ou de visiter son atelier. EN EXPO À QUARTIER LIBRE Auprès des artistes, Florian Corbier explique que son initiative a été accueillie très favorablement: « Ils sont tous des artistes professionnels qui vivent de leur art mais ce marché reste compliqué localement. Ils perçoivent un pourcentage pour chaque tableau loué et peuvent aussi espérer vendre leurs créations grâce à cette visibilité ». Pour les entreprises, la défiscalisation peut à ce titre être un argument supplémentaire. MuséeHome proposera seize artistes et près de 200 œuvres à la fin de l'année : « Il est important d'avoir suffisamment de choix pour les clients et, après avoir identifié facilement nos premiers dix artistes locaux, nous sommes attentifs à découvrir de nouveaux talents ». En plus de son site internet, MuséeHome présente ses services et le travail des artistes de son catalogue au travers d'événements comme une exposition organisée à la Villa Douce jusqu'au 10 novembre et la présence d'œuvres à partir du mois de décembre dans le Quartier Libre, à Reims.

Philippe Demoor • Catégorie • Date